À propos

« Sans la musique, la vie serait une erreur »
Friedrich Nietzsche

À d’autres époques, les humains ressentaient un appel à la transcendance à travers l’expérience religieuse : leur foi était tellement forte qu’il en venait à vivre une expérience de fusion avec la totalité de la réalité, une divinité on encore le flux de l’existence. Au XIXe siècle, ce genre de phénomène est en voix d’extinction et il ne reste que la triste vie banale et routinière du métro-boulot-dodo. Moi qui n’ai rien d’un croyant semble pourtant avoir ressenti une telle extase, une telle intensité : j’entre dans le métro, situation familière, avec le dernier album de Pawa up first qui joue dans mon Ipod. Sans être affecté d’aucune façon illicite, il me semble que les couloirs sombres entre les stations sont tellement remplis, sont tellement significatifs. C’est l’appel, non pas une réponse à une interrogation, mais une exaltation : ce n’est pas un moment obscure entre deux stations similaires, c’est un moment remplis de guitare, de clavier, de drum, de bruits, une montée vers l’infini qui ne semble jamais se relacher. Comme si chaque note avait sa place, comme si chaque note suivante était en parfaite harmonie, like everything what at its right place, pour paraphraser le titre d’une chanson de Radiohead, mon groupe favori. Et aucune transformation, aucune conclusion, aucun apprentissage est à tirer de ce moment intense, rien que de l’intensité pure provenant de la relation entre la musique et un esprit captif, une rencontre probable, comme parfois s’offrent les humains. Depuis longtemps, la musique est la trame sonore de ma vie : rien n’est plus coup de poing qu’une chanson qui vient créer une atmosphère dans une scène d’action, dans un travelling sur un paysage. De Tarantino aux frères Cohen, la musique devient beaucoup plus que de simples meubles, c’est du marqueur jaune qui souligne l’essentiel. Rien n’est plus pénible qu’un film tchèque où pour bien ressentir la peine du protagoniste, on offre au spectateur un silence interminable. Ma vie est un film d’action qui veut de l’intensité sonore ; ma vie est un drame qui veut un violoncelle qui lire ; ma vie est un documentaire sur les splendeur de la végétation de l’Himalaya.

Dernier fait à relater, l’expérience multimédia du spectacle Go de Jonsi. Lors de l’excellente chanson « Tornado », durant la longue montée au milieu, la lumière sur scène n’éclairait plus les musiciens, mais l’attention du spectateur était captée par une projection : c’est un hibou qui était poursuivi par un fauve. Durant un instant, je ne savais plus si je regardais un film avec une excellente bande sonore ou une projection accompagnant une excellente chanson. Voilà la relation que j’entretiens avec la musique, une rencontre entre la vie et sa trame sonore, et quand la chimie y est, me voilà transporter.

J’ai créer ce blog pour partager ma passion, pour vous permettre de vivre cette intensité qui me rempli. J’avais le goût de terminer avec un extrait de « Deep Kick » de Red Hot Chilli peppers, qui énonce le vitalisme de la musique : « And lots of things seemed futile then, but love and music can save us, and did, while the giant grey monster grew more poisoned and volatile around us, jaws clamping down and spewing ugly shit around. Nothing is the same. So we keep moving. We keep moving ».